Je termine avec regrets parce que j’aurai aimé le continuer encore  «L’art de perdre » d’Alice Zeniter .
Ce livre retrace l’histoire de trois générations ...
Ali d’abord, le patriarche, Ali qui a vécu en Algérie la majeure partie de sa vie avec sa famille pour laquelle il a construit une vie stable là haut sur les crêtes jusqu’à ce que la guerre d’Algerie éclate et qu’il se sente pris au piège par cette guerre civile dans laquelle son seul tord sera d’avoir voulu conserver sa stabilité et son confort, de ne pas avoir voulu mener de combat ce qui le fera passer pour un traitre . Cette guerre qui conditionnera le reste de sa vie et de celle de sa tribu puisqu’il va être contraint pour sa sécurité de quitter l’Algérie pour la France . Une France qui ne ressemblera en rien à ce qu’il s’en était imaginé ...Une vie qui débutera par de longs mois dans un camp de réfugié, puis dans un baraquement à Jouque où il s’occupera de l’entretien des forêts et enfin en Normandie dans le HLM qui ne quittera plus comme son travail à l’usine ... Ali dont le souhait le plus cher sera alors que ses enfants soient de bons français, Ali qui sera exhaussé avec Hamid son premier fils, son aîné .
L’histoire d’Hamid constitue la deuxième partie du livre . Hamid a connu l’Algérie jusqu’à ses 8/9 ans, il ne sait pas exactement  parce que là bas on ne comptait pas comme ici . Hamid qui arrivé en France voudra rendre fier son père ... il apprendra à lire et écrire en une année, sera un bon élève, un bachelier même  et sera embauché dans l’administration française . Hamid qui en réalisant le rêve de son père va petit à petit ne plus le comprendre et s’en éloigner . Hamid qui fera sa vie avec une française et donnera naissance à quatre filles à qui il n’apprendra ni la langue ni les coutumes de son pays d’origine, Hamid pour qui  l’Algérie ne sera plus au final que des souvenirs gênants qu’ils ne voudra plus remuer ...
Enfin la troisième partie narre l’histoire de Naïma, l’une des filles d’Hamid. Naïma ne sait rien de l’Algérie, pour elle l’Algérie ce sont ses grand parents et le HLM de Pont Feron, ce sont les quelques mots qu’à tenté de lui apprendre sa grand mère Yema, les gâteaux au miel et les quelques reliques que celle ci garde précieusement au fond de ses tiroirs . De musulman Naïma n’a que le  prénom , c’est une jeune femme française qui a réussi, elle travaille dans une galerie après avoir fait des études d’art, elle est une jeune femme libre, de son temps ... jusqu’aux attentats qui vont toucher la France et vont remuer des choses en elle . Alors quand sa galerie lui proposera d’aller en Algérie pour préparer une exposition sur Lalla, un peintre algérien, Naïma autant effrayée que curieuse de découvrir son histoire, celle qu’on a jamais voulu lui raconter fera le voyage que sa famille a fait en sens inverse pour la première ( et peut être dernière ) fois .
Ce livre en plus de m’avoir beaucoup émue , m’a beaucoup appris sur une guerre pas si lointaine dont beaucoup subissent encore les conséquences ...
Un vrai livre coup de ❤️

Commentaires

Laetitia a dit…
Merci pour ces quelques lignes. J'ai bien envie de le découvrir...
Belle semaine !
**gaelle** a dit…
Très envie le découvrir, merci pour ton partage et tes mots.
Anonyme a dit…
Merci pour ce retour, cette critique littéraire m'encourage à le lire. Je le réserve à la médiathèque, j'attends aussi ma réservation du Lambeau de Philippe Lançon. J'admire le courage de tous ceux qui ont pu écrire sur ces drames de la vie contemporaine que sont les attentats (les guerres de notre époque) bonne fin de vacances Delph de Vendée
@laetitia @gaelle
Merci pour votre passage ❤️

@delph
Je n’ai pas lu le lambeau mais dans le genre le dernier que j’ai lu est « le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher et je n’ai pas accroché malgré la critique générale plus que positive , du coup ça m’a un peu refroidie de poursuivre dans ce genre de lecture , peut être que ce n’est pas le moment pour moi ...

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